Du plaisir en bleu !

Jeudi 30 mars 2017

Belle échappée avec l’équipe de France espoir

Benoit poursuit son bon début de saison après sa 2e place sur le circuit du canton des communes de la vallée du Bédat. C’est sous les couleurs de l’équipe de France espoir que Benoit a participé à la Classic Loire-Atlantique, manche de la coupe de France PMU : « J’étais super content de ma course sur cette Classic. J’ai réussi à prendre l’échappée et ne pas m’écrouler lorsque des groupes sont revenus de l’arrière ! » En effet, après de nombreux kilomètres à l’avant, Benoit s’accroche et termine dans un second groupe sur la ligne d’arrivée et signe une 28e place : « Cette échappée m’a permis de bien travailler. Les sensations étaient très bonnes. J’étais acteur dans l’échappée et le seul rescapé de celle-ci dans mon groupe à l’arrivée. » Mais cette échappée a laissé des traces.

Un peu en difficulté sur Gand-Wevelgem mais toujours présent

La semaine qui a suivi, Benoit a eu besoin d’alléger les charges d’entrainement : « Je suis sorti fatigué du Loire-Atlantique. Nous avons un peu ralenti l’entrainement pour retrouver de la fraicheur pour Gand-Wevelgem, première manche de la coupe des nations espoir. » Mais cette fatigue pèsera quelque peu sur la performance de Benoit en Belgique. « Les sensations n’étaient pas exceptionnelles. Nous étions tous bien présents dès le début de la course. Malheureusement, dans le Mont Kemmel, lorsque la course s’est jouée, je n’étais pas parmi les meilleurs. » Un groupe de 7 coureurs se jouera la victoire. Benoit arrive dans un second groupe à une vingtaine de seconde derrière : « Je suis un peu déçu du résultat car j’espérais faire bien mieux. Mais au final, je termine quand même avec les meilleurs du peloton et signe un Top 20. Je retiens la formidable équipe de France qu’il y a eu sur cette classique. Le résultat collectif est très bon ! »

Benoit dans l'échappée sur la Classic Loire-Atlantique.

Benoit se teste face aux professionnels et aux meilleurs espoirs internationaux

En deux compétitions, Benoit a eu l’occasion de se tester face à deux pelotons bien différents : un peloton composé de coureurs professionnels et un peloton de jeunes coureurs espoirs. « Par rapport au niveau des professionnels, je suis assez content. Je savais que mon échappée allait peser dans le final mais j’ai réussi à tenir le gros du peloton. » En Belgique, même si le résultat est un peu décevant, Benoit mesure ce qu’il lui reste à faire pour aller jouer la victoire : « Je suis en bonne voie mais il me reste quelques marches pour aller titiller le podium. J’espère pouvoir faire mieux sur le tour des Flandres ! »

 

Première manche de la coupe de France DN1 dès samedi

Ce week-end, Benoit et ses coéquipiers chambériens débutent leur campagne de coupe de France DN1 et remettent leur titre en jeu : « C’est marrant mais je n’ai pas encore l’impression d’être en pleine saison. Je n’ai que 4 jours de course au compteur mais ce week-end nous lançons définitivement la saison. Nous sommes un peu dans l’inconnu concernant le déroulement de la compétition car c’est la première manche. Nous verrons la météo sur place mais l’équipe est en forme. Nous n’avons pas de véritable sprinteur mais avons régulièrement observé la saison dernière qu’un bon collectif peut palier à ce manque ! »

 

Après le tour du canton de l’Estuaire, première manche de la coupe de France DN1, Benoit repartira du côté de la Belgique pour le tour des Flandres espoir. La première manche de la coupe de France sera à suivre sur DirectVélo !

Une saison, ça s'organise !

Lundi 20 mars 2017

Le coureur cycliste passe du temps sur sa bicyclette. Beaucoup de temps. Si le grand public, les fans, les médias, ne voient essentiellement que les compétitions, le cycliste passe près de 80% de son temps à l’entrainement, loin des lignes d’arrivées, de la foule, des dossards et des parcours tout tracés.

 

Une saison, entre 4 et 5 cycles de compétitions, et de nombreux microcycles d’entrainement !

Les cyclistes organisent leur saison avec un enchaînement de cycle. Un cycle est une période, bien délimitée, durant laquelle l’entrainement est permanent et où les compétitions font leur apparition en vue d’arriver en forme sur un objectif. Généralement, sur la dernière semaine de ce cycle.  Benoit est actuellement dans son premier cycle : « C’est le cycle le plus long et le plus copieux de la saison. Il débute début janvier et se termine mi-avril ! » En temps normal, un cycle d’entrainement dure entre 3 et 4 semaines sauf le cycle foncier qui dure 6 à 7 semaines. On peut caler plusieurs cycles d’entrainement dans un cycle de compétition. La durée de ceux-ci dépendent des dates des différentes compétitions et objectifs. « L’équipe a des obligations de participer à certaines compétitions comme la coupe de France ou les championnats de France amateur. En fonction de ses dates et des compétitions importantes comme le Rhône-Alpes Isère Tour ou le tour de Savoie Mont-Blanc, nous adaptons la durée des cycles et leurs contenus. »

En règle générale, le vélo est présent 6 jours par semaine : « Nous observons toujours au moins un jour de repos complet, sans vélo. C’est la règle au C.C.F. Ce nombre de jour de repos peut augmenter en fonction de la difficulté des compétitions. Nous observons généralement un ou deux jours de repos après les grosses courses par étapes. Entre chaque cycle, nous allongeons à 4 jours. » Lors de chaque cycle, plusieurs qualités peuvent être travaillées mais une seule le sera à la fois. Par exemple, cette semaine, Benoit travaille le seuil. Les autres sorties sont orientées vers de la force ou de l’endurance : « Nous planifions les autres sorties en fonction de la qualité travaillée durant la semaine. Pour une semaine de travail sur le seuil, nous faisons en sorte d’arriver frais physiquement et mentalement sur cet entrainement. Nous adaptions donc le reste des sorties. » Si les coureurs ont une sortie principale durant la semaine, ils peuvent travailler d’autres qualités mais de manière plus allégée.

Vidéo réalisée par Vincent TERRIER, VeloCoachOnline, lors d'un entrainement de seuil de Benoit Cosnefroy.

Jamais seul

Le centre de formation a fait de l’unité de lieu un élément incontournable de sa dynamique et de l’accompagnement des jeunes athlètes. Ainsi, la totalité des coureurs habitent sur Chambéry et peuvent ainsi profiter des entraînements collectifs. Si les entraînements d’intensités sont individualisés, les coureurs partent ensemble : « Il est très rare que j’aille rouler seul. Pour les sorties foncières, nous sommes toujours en groupe. Pour les intensités, nous partons tous ensemble et faisons ensuite nos exercices dans notre coin, à nos propres intensités. » Benoit l’avoue, c’est extrêmement rare qu’il parte rouler seul : « Même lors des sorties de force, les déblocages ou les décontractions nous sommes toujours plusieurs. C’est plus motivant et cela créer sans cesse une dynamique pour l’avenir. Nous prenons l’habitude de rouler ensemble et nous nous connaissons davantage. »

 

Du plaisir pour chacun des différents entraînements

Les saisons passent mais la passion demeure. « Chaque sortie est un plaisir. Il n’y a pas vraiment d’entrainement où je ne suis pas content d’y aller. » Il y a forcément des séances plus dures que d’autres, plus longues ou qui demandent plus de concentration : « Je me plonge entièrement dans ma sortie. Même pour une décontraction, je cherche le bar au soleil pour partager un café avec mes coéquipiers ! Je ne pense pas aux compétitions quand je m’entraine. J’arrive à me concentrer sur ma séance et rien qu’à cela ! Lorsque je pars pour une sortie foncière, je me dis : « Cool, je vais pouvoir aller me balader, monter tel ou tel col, prendre telle route, etc.. » Quand je pars pour une séance de seuil, je me dis : « Ah je vais rentrer à l’envers aujourd’hui ». Et j’aime bien me faire mal ! »

 

Il y a certain entrainement où il faut arriver frais mentalement pour pouvoir puiser au fond de soi. Les séances de PMA par exemple : « Généralement, nous faisons une minute d’effort pour une minute de repos. Nous répétons cela 4 fois et deux ou trois séries. » Le pire exercice pour Benoit est le test Gimenez ! « Nous faisons 4 minutes de seuil et une minute de PMA, et cela neuf fois de suite. Après une récupération, nous recommençons 6 ou 8 fois ! Cet exercice représente une telle charge de travail que nous le réalisons seulement en fin de cycle pour trouver le pic de forme, une ou deux fois dans la saison ! » Benoit aime bien mixer : 4 minutes de seuil puis enchainer sur 3 ou 4 fois 30 secondes d’effort et 30 secondes de repos !

Vincent TERRIER donne les dernières consignes au départ de Paris-Troyes. Photo : Alexandre Jolivet.

Un échange constant avec Vincent

Vincent Terrier, directeur sportif depuis plus de 10 ans au centre de formation s’est recentré sur l’entrainement depuis 3 ans. Il est le référent de l’entrainement pour Benoit : « Nous nous rencontrons une fois par semaine dans son bureau pour parler des sensations, des retours de compétitions où Vincent n’était pas là. » La planification de l’entrainement se fait au moins deux semaines en amont. Cette planification peut évoluer en fonction des blessures, des maladies ou des incertitudes de sélections nationales ou régionales. Il arrive que l’entrainement soit planifié jusqu’à 6 semaines. Les derniers réglages importants se font deux semaines en amont. « Mais chaque jour nous pouvons avoir un échange avec Vincent pour réadapter la charge de travail. Par exemple, l’an passé avec l’équipe de France, j’ai fait une échappée de plus de 150 kilomètres. La fatigue fut plus importante que si j’avais attendu sagement dans les roues. Il a fallu adapter le repos et donc les entraînements qui suivirent. »

 

Vincent est attentif aux coureurs. Grâce à Vélobook, plateforme d’entrainement en ligne, Vincent peut analyser toutes les séances des coureurs : « Il regarde surtout les séances de rythme. Voir si l’on est dans les bonnes zones et si le travail fut efficace. Il nous fait alors un retour. Sur la plateforme, nous pouvons indiquer les sensations, le travail effectué durant la course et notre ressenti. Tout cela peut conditionner une planification d’entrainement. » Il est clair que la communication et la transparence sont de mise pour créer une vraie relation de confiance entre l’entraineur et l’entrainé. Et apparemment, ça fonctionne plutôt bien entre Benoit et Vincent : « Benoit accorde une grande confiance. On échange sur ses ressentis et me fait confiance sur le travail proposé. Mais je sais qu’il a besoin de récupérer correctement entre les cycles car c’est un coureur offensif ! » Et Vincent confirme ce que Benoit disait plus haut : « Il apprécie le travail combiné avec du seuil et de la PMA. Ce sont des séances exigeantes mais qui portent rapidement leurs fruits. »

Copyright : Gus Sev - Photographe