Champion du monde espoir !

Jeudi 28 septembre 2017

57 jours après son passage dans le monde professionnel, Benoit a signé des débuts incroyables. Avec en ligne de mire le championnat du monde espoir à Bergen en Norvège, Benoit a enchaîné les compétitions de préparation avec en dernière semaine : le G.P. de Wallonie, le championnat des Flandres orientales et le G.P. d’Isbergues. Des compétitions à plus de 200 kilomètres pour se préparer au mieux pour le mondial. C’est donc dans le nord de la France que Benoit a ouvert son compteur de victoire chez les professionnels sur le G.P. d’Isbergues. Les coureurs échappés ont réussi à garder suffisamment d’avance sur la ligne pour se disputer la victoire. C’est face à Pierre GOUAULT que Benoit s’impose au sprint. Quoi de mieux que pour mettre en confiance avant la Norvège.

Concentré ! Photo : FFC / P.Pichon

« Ma victoire m’a pris beaucoup de temps et m’a occupé l’esprit la semaine précédant le mondial. Je n’y ai vraiment pensé qu’une fois arriver sur place. » Benoit fait partie des favoris pour remporter le titre chez les espoirs, mais le stress ne l’envahit pas pour autant : « Je me suis un peu coupé des journalistes après le G.P. d’Isbergues, ainsi que des réseaux sociaux. J’y allais régulièrement mais j’étais vraiment concentré à me reposer, à me relâcher. » Malgré son statut, Benoit ne perçoit pas de pression particulière : « J’étais venu pour gagner ce championnat qui pouvait me convenir. Mais ma réussite ou mon échec n’allait pas changer le cours de ma saison. J’avais déjà fait de beaux résultats sur les championnats (4 podiums sur les championnats nationaux et européens). Je m’étais mis dans la tête que si j’échouais dans mon entreprise, je n’aurai pas de regrets. »

Un matin comme les autres …

Sans pression et entouré de ses potes de l’équipe de France espoir, voilà comment la journée de Benoit a débuté : « J’ai pris la course comme une autre. Je voulais faire le vélo que je sais faire et rester concentré. La distance ne me faisait pas peur vue les courses auxquelles j’avais participé juste avant. » Rester concentré durant 180 kilomètres pour tout donner dans le dernier tour, tel était l’objectif de Benoit : « Je savais que tout allait se jouer dans les 20 derniers kilomètres. Je ne me suis pas du tout occupé de ce qu’il se passait à l’avant. J’ai fait confiance à mes coéquipiers pour nous mettre dans les meilleures dispositions dans le final. Je n’ai pas non plus eu peur que l’échappée aille au bout ou qu’un groupe important se détache à plus d’un tour de l’arrivée. »

Photo : Tim de Waele.

Une situation déjà vécue

Le peloton s’étire dans la dernière difficulté du jour : « J’ai vu de nombreux coureurs souffrir dans cette montée alors que je me sentais encore frais. Cela m’a mis en confiance. Un coureur allemand a attaqué pour reprendre et déposer un groupe de coureur parti à l’avant. Nous sommes revenus sur ce groupe au sommet de la bosse. J’étais bien placé et je me suis dit qu’il y avait une ouverture et que si cela ne fonctionnait pas, je ne mettrais pas beaucoup de force à attaquer dans la descente. J’y suis allé. » Benoit effectue une descente très rapide et revient sur le coureur allemand. L’entente entre les deux hommes n’est pas excellente : « Il mettait un peu de temps à prendre ses relais. J’ai pris mes responsabilités et j’ai appuyé les relais. Il a tenté de m’attaquer mais j’ai su répondre immédiatement. » Le dernier kilomètres est haletant. Le peloton qui n’a jamais eu plus de 20 secondes d’avance se rapproche. Une dizaine de secondes sépare encore le duo de tête du peloton sous la flamme rouge. C’est à 500m de l’arrivée que Benoit sait qu’il va jouer la victoire : «  Je me suis déjà retrouvé dans ces situations critiques durant lesquelles il faut savoir rouler pour éviter le retour du peloton et en garder sous la pédale pour faire son sprint. » Benoit prend les devants dans le dernier virage avant la ligne droite finale : « J’ai pris le relai sans accélérer, juste en enroulant mon braquet. Aux 200 mètres, j’ai baissé deux dents et j’ai mis un vif coup d’accélérateur pour le surprendre. » Le coureur allemand ne le doublera pas jusqu’à la ligne !

Maillot de champion du monde sur les épaules. Photo : Tim de Waele.

Et là tout s’accélère !

« J’y pensais depuis longtemps à ce championnat, à ce maillot. Lorsque je passe la ligne la première idée qui vient est : pourquoi moi ? Pourquoi cela m’arrive à moi ? J’ai conscience de la course que je viens de remporter, avec tout ce public. Je m’arrête au niveau des assistants de l’équipe de France puis mes coéquipiers viennent me féliciter. C’était vraiment incroyable ! » S’en suit pour Benoit un véritable marathon : interview pour la télévision, le podium, la signature de maillot puis la conférence de presse de l’UCI, celle de la fédération française. Quelques connaissances sont présentes, notamment des coureurs du pôle espoir de Caen. Ce n’est qu’à 20h que Benoit arrive à contacter ses proches : « Mon père avait du mal à parler, puis j’ai eu ma copine et ma sœur. Heureusement que mon père n’était pas sur place, il n’aurait pas supporté ! »

Une belle équipe de France en Norvège ! Photo : FFC / P.Pichon

Retour en Savoie et sollicitations s’enchainent

Après avoir fêté cette victoire avec les coureurs de l’équipe de France, Benoit est accueilli samedi soir par ses amis sur Chambéry. Le lendemain, il participe à l’émission des Rois de la Pédale sur Eurosport, puis reviens sur Chambéry pour fêter son titre avec le staff de l’équipe présent au service course. Et durant ces trois jours, il essaye de prendre le temps de répondre aux nombreux messages : « Je ne pensais pas recevoir autant de marques de sympathie et de sollicitations. Je voudrai remercier tout le monde pour cela. Particulièrement le club de Briquebec, tous les bénévoles et l’entraineur Alain LECLERC, le pôle espoir de Caen et David LOUVET ainsi que tous les coureurs de l’époque, Chambéry Cyclisme Formation et son entraineur Vincent TERRIER et tous mes proches ! Merci aussi à l’équipe AG2R LA MONDIALE. J’ai l’impression que cela fait bien longtemps que j’ai intégré l’équipe. Et pourtant, cela ne fait que deux mois que je suis parmi eux. J’ai déjà vécu des moments intenses comme sur le Tour du Limousin ou le G.P. d’Isbergues ! »

La saison n’est pas terminée pour Benoit : « Je n’ai pas beaucoup roulé les jours qui suivirent le mondial mais je me suis bien reposé. Nous verrons le niveau de ma condition, mais je suis content de retrouver mes coéquipiers et travailler pour eux ! » Un programme 100% français attend Benoit : le Tour de Vendée, Paris-Bourges pour terminer sur la classique Paris-Tours !

Copyright : Gus Sev - Photographe