Un peu de repos pour repartir de plus belle !

Vendredi 22 avril 2016

La coupure, enfin …

 

Le 13 février dernier, Benoit débutait sa saison sur les routes Ardéchoises. 63 jours et 14 départs de course plus tard, il pouvait profiter de sa première coupure de la saison après une belle 4e place sur le tour du Lot-et-Garonne. Plus qu’un soulagement, une nécessité : « Je ne peux pas dire que j’avais envie de couper. Lorsque l’on coupe comme ça alors que les résultats persistent, l’envie de prendre une pause ne se fait pas ressentir. Puis on pense à la suite de la saison et on l’accepte volontiers. Je n’ai pas fini usé ce premier cycle de compétition mais tout de même un peu fatigué. La forme était encore là, les résultats aussi mais c’est indispensable ! Si l’on ne prévoit pas des coupures régulières, on part au casse-pipe ! » Après les boucles de l’Artois, Benoit a fait le point sur son entrainement avec Vincent, l’entraineur du centre de formation : « J’ai senti de la fatigue en course. Plus que d’habitude. On a donc échangé et opté pour une réduction des charges d’entrainement. J’ai poursuivi les séances d’intensités mais j’ai réduit le volume global. » Et en voyant le résultat obtenu sur la dernière manche de coupe de France, ce fut une sage décision.

Le sprint final sur le tour du Lot-et-Garonne. Photo : sudgirondecyclisme

Une coupure physique et psychologique

 

« On ne coupe pas vraiment du vélo ! » 4 jours de coupure pour reposer son corps mais aussi sa tête. Les cours continuent en matinée mais l’après-midi est davantage tournée vers les amis et le repos. L’occasion également de voir ses coéquipiers autrement qu’assis sur une selle. Mais l’esprit reste en veille : « On pense toujours au vélo parce qu’on est qu’au tiers de la saison ! Ce sont les plus belles courses du calendrier comme le Rhône-Alpes Isère Tour ou le tour de Savoie Mont-Blanc qui flottent dans la tête ! » Et forcément, lorsque l’on pense à ces belles compétitions, l’envie de reprendre se fait ressentir même si le manque n’est pas important.

 

Une coupure, c’est également faire un premier bilan de saison

 

Ainsi, avec 14 départs de course, Benoit est allé chercher deux victoires, 3 podiums et 5 Top10 ! De quoi faire rêver pas mal de coureurs. Beaucoup de satisfaction se dégage lorsque l’on évoque ce bilan. De très bons souvenirs aussi : « C’est dur de ne faire ressortir qu’un seul agréable souvenir. Il y en a eu beaucoup. Le plus beau restera certainement la dernière étape des boucles de l’Artois devant mes parents et de nombreux proches. Lorsque mes coéquipiers sont venus m’enlacer pour me féliciter, c’était cool. » Mais la présence de sa sœur sur le prix de Buxerolles, toujours en coupe de France, et sa première victoire en élite sur Annemasse-Bellegarde restent aussi fortement gravé dans son esprit ! Si les souvenirs peuvent être individuel, ils peuvent être également collectifs : « Je retiens la cohésion et la maitrise que l’on a eu sur les boucles de l’Artois ! Sur la première étape, nous avons couru ensemble, très unis, très organisés. Nous pouvions lancer une bordure quand on le voulait. On a vraiment eu l’impression de maitriser la course et que chacun de nous pouvait l’emporter ! »

Benoit vainqueur de la dernière étape des boucles de l'Artois.

Un nouveau statut assumé et plaisant

 

Benoit a entamé sa deuxième saison au centre de formation de la plus belle des manières avec ses résultats. Seulement deux ans, mais déjà un rôle qui a fortement évolué comparé à l’an passé : « L’équipe me fait confiance sur pas mal de course ! Je ne sais pas si je suis un leader, mais j’aime prendre des initiatives et prendre mes responsabilités quand il le faut ! » Un rôle que le normand commence à apprécier : « Déjà l’an passé, lorsque l’équipe s’est mise à mon service lors du tour d’Eure-et-Loir, j’ai senti que mes coéquipiers me faisaient confiance. A l’époque, il y avait Nico DENZ et François BIDARD, les cadres de l’équipe. Et sentir des mecs comme ça se mettre à son service, ça renforce sa confiance. A partir de là, il ne faut pas les décevoir ! Cela met un peu de pression, mais une pression motivante, une « bonne » pression ! »

 

« Les schémas « Coupe de France », des schémas à mon profil »

 

Même si c’est lors de la première coupe de France sur le grand prix du pays d’Aix que Benoit réalisa sa plus mauvaise place de l’année (29e), les schémas de course des manches lui conviennent assez bien. « Les victoires se jouent très souvent au sprint. Comme je suis assez rapide au sprint, j’arrive à aller chercher des places d’honneur et marquer des points pour l’équipe. Ce sont des courses qui me donnent envie de bien faire. Je prends le départ de chaque course pour performer, mais ces manches-là, particulièrement. Il n’y a pas beaucoup de place pour la victoire face à Erwann Corbel (qui a gagné trois fois sur six courses possible)» Une bonne pointe de vitesse pour sortir son jeu en fin de course mais aussi pas mal d’expérience sont nécessaires pour faire des résultats : « Sur le tour du Lot-et-Garonne, j’ai participé à ma 15e course de coupe de France DN1. »

Benoit et ses coéquipiers sur le podium des boucles de l'Artois.

Des reconnaissances en guise de reprise

 

Sur le prochain cycle de compétition, le Rhône-Alpes Isère Tour (R.A.I.T.) et le tour de Savoie Mont-Blanc (tour SMB) sont les deux grands rendez-vous en Classe 2 pour Benoit. Deux courses par étapes sur lesquelles il va rencontrer des coureurs professionnels mais aussi des profils très variés. Deux rendez-vous importants également pour le centre de formation qui va reconnaitre une grande partie de ces étapes : « Nous reprenons avec un bloc de foncier. Dès aujourd’hui, nous allons repérer la première étape du tour de Savoie Mont-Blanc. Samedi une étape du R.A.I.T. et dimanche la 3e étape du tour SMB ! De beaux parcours avec de beaux dénivelés ! » Benoit a bien étudié les parcours du tour SMB, si la 3e étape autour de Chambéry le fait rêver, les 3000 mètres de dénivelé positif le ramène à la raison : « Cela va vraiment être une étape dure ! Je pense que la première étape est abordable pour mes qualités ! »

L’Italie pour lancer un second cycle sur les mêmes bases ?

 

Le prochain dossard que Benoit accrochera à son maillot sera sur le Circuito del Porto, le dimanche 1er mai. Une course parfaite selon lui pour finir le premier bloc foncier : « Ca roule vite toute la journée, sans à-coups, parfait pour reprendre. La victoire se joue très souvent au sprint, donc avec la chance d’y faire peut-être un résultat ! » Après quelques jours de coupure, Benoit s’est posé la question de savoir comment faire pour récolter d’aussi bons résultats sur ce second cycle de compétitions ! « Je ne sais pas ! Je me dis que tout ce qui a été fait est acquis. Les méthodes sont bonnes donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour la suite. Mais ne surtout pas se reposer sur ses lauriers. » Les courses prévues sont d’un niveau plus élevé que les précédentes : « Nous avons beaucoup de courses en catégorie Classe 2. Mise à part la Ronde de l’Isard, qui est Classe 2 espoir, je n’ai jamais participé à une véritable Classe 2 ! » Une nouvelle découverte pour poursuivre son apprentissage et confirmer les résultats obtenus !

 

Et quand on lui demande ce qu’est une saison réussie après ses résultats de début de saison : « Briller, performer en Classe 2 et porter le maillot de l’équipe de France sur les manches de Coupe des nations espoir ! »

"Je n'ai pas eu peur de perdre pour gagner !"

Mardi 5 avril 2016

Comment vas-tu 24 heures après cette victoire ?

"Je vais bien. Je suis assez fatigué de la course mais aussi du voyage. Hier je n'ai pas pu me reposer comme je souhaitais. J'ai pris conscience d'avoir fait un gros truc ! J'espère continuer sur cette lancée."

 

Racontes-nous ce qu'il s'est passé après la ligne ?

"Je me suis dit "Waouh, j'ai gagné une coupe de France !". Tous mes coéquipiers me sont tombés dans les bras. Puis j'ai vu ma mère courir vers moi. Mon père qui était au téléphone avec ma soeur est ensuite venu me féliciter. Il y avait beaucoup d'émotions. C'est des moments forts que l'on vit que dans le sport ! Après je suis allé sur le podium avec tous mes coéquipiers puis au contrôle anti-dopage. Cela a prit pas mal de temps."

 

Avec quel adjectif pourrais-tu qualifier cette victoire ?

"Enorme. Enorme parce que c'est fort de gagner une manche de coupe de France devant les meilleurs coureurs amateurs français ! Il y a quelques années, j'étais dans mon club de Briquebec. Et là je me retrouve sur le devant de la scène nationale avec cette victoire. C'est une grande joie. Je mesure le parcours effectué et je regarde maintenant vers l'avant."

 

Tu as dis avoir été joueur dans le final ...

"Pour gagner des courses, surtout celles-ci où le niveau est très homogène, il faut savoir jouer de ses adversaires. Dans le dernier kilomètre, je ne passais plus mes relais. Soit on passe des relais et on diminue ses chances de victoire, soit on prend le risque que le peloton rentre mais on garde nos forces pour jouer la victoire.  Je savais que si le peloton rentrait, mes coéquipiers allaient assurer derrière. Je n'ai pas eu peur de perdre pour gagner !"

 

Deux victoires en élite en une semaine dont une en coupe de France, quelles sont les prochaines étapes ?

"Je ne veux pas m'arrêter à cette victoire. Il faut savoir profiter de ces moments : une fois la ligne franchie et les jours qui suivent. Mais il faut se remettre au travail pour poursuivre dans cette voie de performance. La prochaine étape ? Gagner une classe 2 (sourire) ! Mais la marche à gravir reste encore élevée. Je ne me fixe pas d'objectif précis, juste profiter de toutes les opportunités qui s'offrent à l'équipe et à moi ! J'ai hâte de retrouver le Tour de Savoie Mont-Blanc. Même si les parcours ne me conviennent pas forcément, quelques étapes restent accessibles. Et je pense avoir une revanche à prendre sur l'an passé ! Je vais aussi avoir grand plaisir à découvrir le Rhône-Alpes Isère Tour cette année. Ce sont des courses sur lesquelles il faut arriver à briller."

 

Que penses-tu de : "Le plus dur n'est pas d'arriver au sommet, c'est d'y rester ..."

"C'est tout à fait ça ! Il ne faut pas s'enflammer. Quand on arrive en forme, il faut savoir gérer cette condition à l'entrainement. Nous ne sommes que début avril et la saison est encore longue. Il y a encore beaucoup d'opportunités pour la rater ! A moi avec l'aide de mon entraineur de ne pas tout gâcher."

 

"Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont fait part de leur soutien et de leurs félicitations. C'était énormément plaisant de voir mes parents, David Chambey et mes proches sur le bord de la route. Merci !"

Grâce à ses performances lors des boucles de l'Artois, Benoit poursuit sa série de places d'honneur et de victoires. Depuis le début de la saison, Benoit a pris le départ à 13 course. 13 courses durant lesquelles il n'a pas terminé au delà de la 29e place, c'était sur le G.P. du pays d'Aix, première manche de coupe de France.

 

Il compte 2 victoires, 3 podiums et 4 Top 10 !

 

Copyright : Gus Sev - Photographe